A retenir
- La recherche traditionnelle reste dominante avec environ 10 % de l’activité desktop totale en 2025, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
- Les outils d’IA progressent rapidement mais ne représentent encore que 0,77 % de l’activité desktop aux États-Unis et 0,89 % en Europe fin 2025.
- Google conserve une hégémonie écrasante avec 93 à 95 % des recherches desktop aux États-Unis et jusqu’à 96 % en Europe.
- Le nombre de recherches par utilisateur baisse fortement aux États-Unis, près de 20 % en un an, contre seulement 2 à 3 % en Europe.
- Le zéro clic se stabilise autour de 24,5 % aux États-Unis et 22,5 % en Europe, sans accélération supplémentaire.
- Les requêtes restent majoritairement informationnelles, représentant plus de 55 % des recherches, confirmant le rôle central de Google comme outil de compréhension.
- L’IA transforme la recherche sans la remplacer en raccourcissant les parcours, en allongeant les requêtes et en rendant la recherche plus efficace.
La question revient avec insistance depuis l’irruption massive de l’Intelligence artificielle générative dans les usages professionnels et grand public. Google serait-il en train de vivre ses dernières grandes heures ? Fin 2025, le discours s’est radicalisé, parfois caricatural, souvent déconnecté des usages réels. Entre prophéties technologiques et annonces spectaculaires, une seule chose manquait cruellement jusqu’ici : des données massives, observées, mesurées, incontestables.
D’où viennent ces chiffres ?
Les données analysées dans cet article sont issues du rapport State of Search Q4 2025, co-publié par SparkToro et Datos, deux acteurs de référence dans l’analyse des comportements numériques.
L’étude repose sur l’observation de plusieurs milliards d’événements desktop réels, collectés entre octobre et décembre 2025 auprès de dizaines de millions d’utilisateurs actifs aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni.
Contrairement aux enquêtes déclaratives ou aux projections théoriques, ces résultats s’appuient sur des données comportementales mesurées, permettant d’analyser précisément l’usage de la recherche traditionnelle, des outils d’IA et des parcours post-recherche. Un socle statistique robuste, rarement accessible, qui permet de dépasser les discours spéculatifs et de lire l’évolution du search telle qu’elle se produit réellement.

La recherche traditionnelle reste un pilier massif du numérique

Premier point clé, souvent ignoré dans les débats publics : la recherche traditionnelle conserve une place centrale dans l’activité numérique desktop. Aux États-Unis, elle représente autour de dix pour cent de l’ensemble des événements observés sur ordinateur en 2025. Ce chiffre, stable trimestre après trimestre, ne montre aucun signe d’érosion brutale.
En décembre 2025, la part exacte de la recherche traditionnelle oscille autour de 9,96 %, contre un peu plus de dix pour cent en septembre. Une variation marginale, largement explicable par des effets saisonniers. Autrement dit, la recherche classique tient bon.
En parallèle, les outils d’IA poursuivent leur progression. Leur part dans l’activité desktop américaine passe de 0,42 % en décembre 2024 à 0,77 % en décembre 2025. La croissance existe, elle reste soutenue, mais elle ne bouleverse pas l’équilibre général. L’IA s’installe, elle ne remplace pas.
L’Europe confirme une dynamique similaire avec quelques nuances

Du côté de l’Europe et du Royaume-Uni, les tendances suivent une trajectoire proche. La recherche traditionnelle se maintient autour de dix pour cent de l’activité desktop, avec des fluctuations faibles. Les outils d’IA affichent même une adoption légèrement supérieure, atteignant 0,89 % des événements desktop en décembre 2025, contre 0,77 % aux États-Unis.
Ce différentiel ne traduit pas une rupture d’usage, mais plutôt un rythme d’adoption différent, probablement influencé par des contextes réglementaires et des calendriers de déploiement distincts.
Google reste ultra dominant sur la recherche desktop

Les chiffres de part de marché ne laissent aucune place au doute. Aux États-Unis, Google concentre entre 93 % et 95 % des recherches desktop tout au long de la période observée. En Europe et au Royaume-Uni, cette domination grimpe encore, atteignant régulièrement 94 % à 96 %.
Bing s’installe durablement en seconde position, avec une légère progression en fin d’année. DuckDuckGo, Yahoo et Baidu affichent des parts stables, sans dynamique de rupture. Le marché apparaît verrouillé, mature, difficile à disrupter par simple nouveauté technologique.
Moins de recherches par utilisateur mais une intensité toujours élevée

Là où la transformation devient visible, c’est dans le nombre moyen de recherches par utilisateur. Aux États-Unis, les utilisateurs de Google réalisaient environ 120 recherches mensuelles en 2024. En 2025, ce chiffre chute pour s’établir entre 92 et 104 recherches par mois.
La baisse approche donc les 20 % sur un an. En Europe et au Royaume-Uni, le recul reste très modéré, autour de 2 à 3 %, avec des volumes compris entre 93 et 110 recherches mensuelles selon les périodes.
Cette différence géographique met en lumière un facteur clé : l’intégration plus avancée des réponses assistées par IA dans les résultats américains, réduisant mécaniquement le besoin de multiplier les requêtes successives.
Les réponses IA modifient la mécanique sans casser l’usage
Les AI Overviews et formats enrichis permettent à l’utilisateur d’obtenir une réponse immédiate, souvent suffisante, sans reformuler sa question. Le parcours se raccourcit. Le besoin informationnel trouve satisfaction plus vite.
Ce phénomène explique en grande partie la baisse du nombre de recherches par utilisateur, sans pour autant signaler une désaffection pour le moteur. La recherche devient plus dense, plus directe, plus efficace.
Le zéro clic se stabilise à un niveau élevé

Autre indicateur scruté avec attention par les professionnels du SEO : le zéro clic. Aux États-Unis, environ 24,5 % des recherches desktop se terminent sans aucun clic externe fin 2025. En Europe, ce taux se situe autour de 22,5 %.
Ces chiffres restent élevés, mais un élément majeur mérite d’être souligné : ils ne progressent plus de manière significative. Le phénomène se stabilise. La part des clics envoyés vers des sites n’appartenant pas à Google demeure relativement constante sur l’année.
Le web ouvert ne disparaît pas. Il se concentre. Les sites capables d’apporter une valeur claire, différenciante, structurée, continuent de capter du trafic.
Les intentions de recherche restent largement informationnelles

Contrairement à certaines hypothèses, la nature des requêtes ne bascule pas massivement vers la navigation ou l’achat direct. Aux États-Unis, les requêtes informationnelles représentent entre 55 et 63 % des recherches desktop en 2025. En Europe et au Royaume-Uni, cette part oscille entre 52 et 59 %.
Les intentions de recherche commerciale restent stables. Les requêtes orientées achat direct demeurent marginales, sous la barre des 2 % aux États-Unis et 1 % en Europe. La recherche conserve donc son rôle fondamental d’outil de compréhension et d’exploration.
L’AI Mode de Google progresse mais reste discret

Fin 2025 marque l’observation détaillée de l’usage du Google AI Mode. Sa part dans l’activité desktop reste faible, autour de 0,06 % des événements en décembre, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
La trajectoire mérite toutefois attention. Depuis son lancement progressif, l’usage progresse de manière régulière mois après mois. Les utilisateurs qui l’adoptent y reviennent, signe d’une valeur perçue réelle, même si l’impact global reste encore limité.
Des requêtes plus longues et plus explicites

Un autre signal discret accompagne cette transformation : l’allongement progressif des requêtes. Aux États-Unis, les recherches de 6 à 9 mots affichent la croissance la plus nette. Les requêtes de plus de 15 mots restent minoritaires mais montrent une volatilité croissante.
En Europe, l’évolution suit une logique similaire, avec une montée progressive des requêtes intermédiaires et longues. Les utilisateurs expriment leurs besoins avec davantage de précision, profitant de moteurs capables de comprendre des formulations complexes.
L’IA n’a pas remplacé la recherche Elle l’a absorbée

Fin 2025, le constat s’impose sans détour. Google n’a pas été tué par l’IA. La recherche traditionnelle n’a pas disparu. Elle s’est hybridée, enrichie, densifiée. Les interfaces conversationnelles progressent, mais l’essentiel des usages reste ancré dans un moteur devenu plus intelligent, plus rapide, plus silencieux.
Pour les professionnels du SEO et du marketing digital, le message est limpide. Le jeu ne se joue plus sur la simple accumulation de pages ou la couverture exhaustive de mots-clés. Il se joue sur la capacité à créer des contenus réellement utiles, capables de dépasser la réponse immédiate fournie par l’algorithme. La recherche n’est pas morte. Elle est devenue plus exigeante.
